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Le Mur infernal
« Demain, est-ce que j’existe encore (Franchement, le doute est permis)? » C’est une question que beaucoup se posent lorsqu’on voit la vitesse du changement technologique. Et cette question mérite qu’on s’y attarde - calmement. Cet article aborde les questions de vitesse du changement ; de finalité et de désirabilité ; et interroge sur l’aménagement des conditions du succès.
« Ça va trop vite »
On t’explique que tes compétences vont se périmer de plus en plus vite, et tu pries pour qu’on soit en train de parler de DLUO et non de DLC.
Jusqu’à quand, même un peu rance, la société pourra-t-elle te consommer ?
On t’explique avec enthousiasme que les agents IA vont te remplacer. Ou t’augmenter. Toi, mais pas tous. Tu te dis que si le même discours est tenu à tout le monde, il est nécessairement en partie mensonger.
Ce n’est même pas une IA qui te le dit : première victoire de la révolution des robots, on se le dit à nous-mêmes. Tu regrettes l’époque où tu aurais pu devenir boulanger alors que tu te sens désormais les deux pieds dans un béton à séchage rapide.
Tu recherches un peu inconsciemment ce qui fait tout de même de toi une belle personne en espérant que ça se traduise en qualité professionnelle de façon suffisante et durable.
« Et on ne sait même pas pour quoi »
Tu as l’impression que l’IA, qui n’a pas d’âme, impose « le changement » et qu’on court tous parce que les autres courent. Tu te demandes pourquoi il fallait accélérer, ce qui manquait au monde d’avant.
Tu n’as pas l’impression que le monde travaille à un monde meilleur pour les gens, et en tout cas pas pour toi. Tu te dis que si tout le monde pense la même chose, ça commence à être systémiquement problématique.
Même les savants fous du sujet, de la ligne d’arrivée, agitent frénétiquement les bras pour nous arrêter en nous disant que finalement, « c’est dangereux ». Les labos d’IA creusent nerveusement les scénarios de risques d’évasion d’agents IA.
Les bouquins de SciFi, qui ont l’habitude de projeter 90% de vérité avec 20 ans d’avance, te promettent un monde qui n’a rien de franchement attirant.
« Ni le temps, ni les idées pour me mettre en mouvement »
Tu aurais besoin de temps lent pour te poser ; besoin de nourrir ta réflexion ; de modèles ; de transposition. Mais la roue tourne toujours plus vite, et faire un pas de côté pour reprendre le contrôle, c’est risquer d’être sorti du mouvement.
Quand tu as de l’humour, tu te dis qu’on a lancé une partie mondiale du Mur Infernal, ce truc où il faut sauter en se contorsionnant pour passer à travers des formes prédécoupées. Mais tu n’as pas le cardio pour, tout est arrivé si vite !
Et puis à la fin, s’il n’en reste qu’un et que ce n’est pas toi ?
Eloge du temps lent, de l’importance à travailler à un futur désirable pour tous, de l’importance à le faire ensemble.
Rappelons-nous que nos entreprises sont composées de personnes adultes, constituées, autonomes dans leur pensée et leur capacité à avancer ; diverses et donc précieuses quand on travaille en mode collectif ; respectons-les pour cela.
Assurons-nous que l’information, l’écoute et la co-construction sont des mécanismes opérants pour accompagner ce déséquilibre-avant massif qu’est l’avènement de l’IA dans l’entreprise. Sinon, il n'y a pas de projet, juste un brochet.
Mobilisons les corps de métier qui sont là pour accompagner : coachs, accompagnateurs du changement, animateurs lean, formateurs. Ayons l’exigence d’un plan commun et cohérent. Rien de pire que la rime entre "bonnes intentions" et "océan de confusion".
Nous aspirons à être maîtres de notre destin dans le cadre d’un bien commun à nourrir. Ça, c’est intemporel, et si c’est clair, il n’y a pas de raison que l’on ne sache pas gérer ce nouveau monde. Restons les bâtisseurs d'un monde meilleur.
Prenons le temps de décrire le bénéfice sociétal à attendre de cette révolution IA pour que chacune et chacun puisse y trouver son moteur de motivation et d’engagement.
Prenons le temps de travailler à la description d’un futur désirable pour tous ; dans l’entreprise, dans la société, dans les projections personnelles et familiales.
Soyons exigeants vis-à-vis de nos entreprises : que va-t-on produire de meilleur pour le monde avec cette accélération ?
Et de nos organisations opérationnelles : est-on capables de penser ensemble ce changement, pour le vivre ensemble ?
Ne nous laissons pas aspirer par la vitesse naturelle du sujet : ayons l’œil sur le métronome managérial et celui de la conduite du changement. Le staccato n’est sûrement pas le bon tempo.
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