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Vis ma vie de Staff Engineer
Chez Bpifrance, derrière l’architecture soignée et les produits qui tiennent la charge, il y a des artisans du logiciel qui préfèrent la cohérence à la lumière. Des profils multi‑casquette, obsédés par la qualité et le service rendu aux équipes, qui font progresser la tech pas à pas — avec méthode, exigence et humilité.
Il en fait partie. Staff Engineer / Architecte, il conjugue vision d’ensemble et sens du détail, avec une boussole simple : aider les équipes à délivrer du robuste, du clair et du durable.
Un parcours façonné par le terrain, une ambition assumée
Tout commence en 2015, à la sortie de l’école, dans une ESN où il alterne projets internes et missions chez clients. Cap ensuite sur une start-up de la compliance pour le secteur financier, où il plonge au cœur des parcours KYC. Retour en société de services, puis quatre années en prestation pour Bpifrance… avant de franchir le pas en 2024 pour devenir interne.
Une trajectoire d’évolution limpide — développeur, lead technique, engineering manager, puis staff engineer / architecte — avec un fil rouge: construire des systèmes sains et former des équipes outillées. Devenir interne s’imposait. Il avait perçu une vraie volonté de structurer la tech en profondeur, avec encore beaucoup à bâtir. Passer côté Bpifrance, c’était obtenir plus de leviers pour contribuer, amplifier l’impact, poursuivre une mission business qui fait sens. Des échanges nourris avec Ludi, Nicolas Silbermann et d’autres ont fini de tracer le chemin.
Excellence technique, du macro au micro
Sa fonction est résolument multi-casquette, centrée sur l’exigence technique.
· Au niveau architecture (macro), il veille à la résilience, la cohérence et la bonne intégration des API et micro services, en alignement avec les doctrines maison et en articulation étroite avec la DSI.
· Au niveau code (micro), il aide les équipes : bons outils, bonnes pratiques, bonnes métriques — pour produire un code de qualité, lisible et maintenable sur le long terme.
En clair, il agit du plan d’urbanisme jusqu’à la ligne de code.
Ses chantiers du moment tiennent en trois verbes : cartographier (l’architecture applicative, pour repérer les écarts et prioriser les améliorations), accélérer (l’adoption de l’IA dans le développement, au service de la qualité plus que de la seule vitesse), accompagner (outillage et pratiques, au plus près du quotidien des devs).
Thibault n'a pas vraiment de journée type, il parle plus de semaine type. La semaine type ressemble à un balancement maîtrisé : gouvernance technique, Design Authority (décisions d’architecture), travaux avec les Ops autour de la Developer Experience. Il ajoute du support ciblé selon les besoins et une part d’innovation/veille pour garder la tête haute — cap à 6 mois, 1 an, 3 ans, notamment sur l’IA. Les rituels rythment, les sollicitations s'affinent.
Des projets marquants, des leçons qui restent
En prestation, la sortie de l’abonnement BEL a été un moment charnière. Un dispositif transversal, riche en règles métier, avec des droits d’accès qui déverrouillaient des fonctionnalités côté client et des embranchements partout. Il a fallu coordonner produit, data,
design, support, DSI — et tenir une discipline d’architecture exemplaire : contrats clairs entre services, tests bout-en-bout, feature flags, monitoring pour piloter un déploiement propre.
Le dispositif a évolué pour des raisons business, mais deux apprentissages demeurent : l’importance d’un modèle de domaine explicite quand les règles s’entrecroisent, et la valeur de l’alignement inter-équipes pour livrer quelque chose de propre, robuste et compréhensible à l’échelle.
Autre moment fort: diffuser l’usage de l’IA dans les équipes. Partir presque de zéro et, en un semestre, atteindre près de 70 % de développeurs qui l’utilisent au moins trois fois par jour. Autant de change management que de technique : cadrer les bons usages, former, outiller, installer des garde-fous de qualité. Le plus marquant ? L’apprentissage partagé avec la DSI : retours croisés, pratiques alignées, accélération conjointe.
Au quotidien, le sens du service
Ce qu’il préfère, c’est aider les équipes. À court comme à long terme. Débloquer un sujet, voir les gens avancer : c’est définitivement son moteur.
Une anecdote l’illustre bien : les équipes peinaient à configurer Kafka. Il a fait remonter le sujet aux Ops, qui ont sorti un outil d’automatisation à partir de fichiers déclaratifs. Résultat : un grand bol d’air pour les devs. Sa posture, en trois temps : écouter le terrain → trouver les bons interlocuteurs → aboutir à une solution concrète.
« Les problèmes sont notre matière première. Ce qui compte, c’est la façon dont on les comprend, puis les comment on les travaille pour pouvoir trouver une solution durable. »
Culture et innovation : lever la tête, ensemble
Son équipe est récente, née pour structurer la tech. Il l’a vue se bâtir pas à pas, tisser un lien de confiance rare. Des profils complémentaires, une même culture produite : proximité terrain, sens de l’impact, envie d’itérer vite.
L’innovation se vit au quotidien, en prenant le temps de regarder l’état de l’art, d’anticiper à 6 mois, 1 an, 3 ans, et de tester pour apprendre avant de décider. L’IA accélère la dynamique ; mais la posture d’exploration était déjà là.
Trois mots pour Bpifrance
Bienveillance. Ambition. Culot.
Un conseil pour le métier ? « N’aie pas peur des problèmes. Va au contact, pose les bonnes questions, formule des hypothèses, teste vite et partage ce que tu apprends. C’est en creusant les sujets difficiles qu’on progresse le plus et qu’on apporte une vraie valeur aux équipes. »
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